Un peu d’histoire...
Article mis en ligne le 29 mars 2014
dernière modification le 26 avril 2014
par Christian DEGRIGNY
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La Bourgogne, dont Philippe le Hardi devient le duc le 2 juin 1364, est opulente et le domaine propre du prince est riche de nombreuses châtellenies. Pourtant, la peste sévit ici comme dans toute l’Europe de manière récurrente depuis 1348 et, aux épidémies, viennent s’ajouter les violences de la guerre avec l’Angleterre (depuis la défaite de Poitiers en 1356). En 1369 Philippe le Hardi épouse Marguerite de Flandre, la plus riche héritière d’Europe au XIVe siècle. En 1384 Philippe le Hardi hérite de l’Artois et de la Flandre à la mort de son beau-père le comte de Flandre, Louis de Male.

Le nom de Germolles apparaît dans la documentation bourguignonne au milieu du XIIe siècle. En 1300, l’actuel château est dénommé « maison forte de la Grange ». Tout au long du XIVe siècle, la seigneurie foncière de Germolles s’accroît et la puissance du lignage est affirmée, marquée par l’existence de vassaux prêtant hommage à Guillaume II de Germolles. Mais à partir de 1375, une spirale d’emprunts assignés sur les revenus de la seigneurie est enclenchée. En cinq années, l’endettement, énorme, oblige à une aliénation toujours plus grande du domaine.

En 1380, Philippe le Hardi acquiert Germolles par confiscation. Après ses nombreuses tribulations, le domaine est visiblement demeuré mal en point. Marguerite de Flandre l’a pourtant désiré comme le prouvent les investissements qu’elle consent dans les années qui suivent pour sa réhabilitation et son embellissement. Le château de Germolles devient l’une des résidences favorites de la cour ducale jusqu’en 1401 et sera même visité en 1389 par le roi Charles VI.

Le chantier de réaménagement s’est étalé sur une dizaine d’années, de 1382 à 1392. En 1392, le gros œuvre paraît achevé. Par la suite, il s’agira d’aménager et de décorer les intérieurs. Le maître maçon Drouet de Dammartin, architecte du roi Charles V, les sculpteurs Jean de Marville et Claus Sluter, le peintre Jean de Beaumetz participeront à tous les travaux. Autour de la résidence un important clos de vigne est exploité, un jardin d’agrément avec une vaste roseraie et un potager sont aménagés, des élevages exemplaires, expérimentaux même, de brebis et de bovins, sont organisés.

Les travaux ne cesseront qu’avec le repli de Marguerite de Flandre sur ses terres d’origine à la fin de sa vie. Après la disparition de la princesse, le domaine n’est certes pas abandonné : il continue d’être entretenu et accueille encore la famille ducale mais de plus en plus épisodiquement et, dès les années 1430, il est un domaine parmi les autres. La splendeur de Germolles naît et s’estompe bien avec Marguerite de Flandre.

Liens

- Ducs de Bourgogne
- Philippe le Hardi, Wikipédia
- Tour de Jean sans Peur à Paris
- Présentation de l’exposition : l’Art à la cour de Bourgogne, Dijon, 2004
- Musées de Dijon, Ducs de Bourgogne



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